Causes et conséquences de l’obésité

Publié le : 25 août 202116 mins de lecture

Chaque kilo au-dessus du poids normal ne rend pas malade. Mais il n’en reste pas moins vrai que le surpoids, s’il persiste sur une longue période, est un précurseur de nombreuses maladies. Les premiers symptômes sont souvent l’essoufflement en montant les escaliers, l’apnée du sommeil (la respiration s’arrête pendant plus de dix secondes au cours du sommeil), une transpiration accrue, des douleurs dorsales et articulaires, mais les maladies d’accompagnement et les maladies secondaires qui se développent progressivement sur des années ou des décennies sont bien plus dangereuses. Aujourd’hui, on sait que de nombreuses maladies et troubles chroniques sont déclenchés ou aggravés par l’obésité.

Maladies consécutives et concomitantes

Selon le professeur Arnold Astrup de Copenhague (9e Congrès européen sur l’obésité, ECO, juin 1999, Milan), les personnes obèses ont plus de trois fois plus de risques de développer des maladies que les personnes de poids normal.

L’obésité augmente également le risque de thrombose et d’embolie et, enfin et surtout, signifie un risque accru pendant les opérations et l’anesthésie. L’obésité entraîne des problèmes psychosociaux et une diminution de la qualité de vie. Les personnes concernées souffrent souvent de dépression, d’une baisse de l’estime de soi et d’une moindre reconnaissance de leur environnement.

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Résistance à l’insuline et syndrome métabolique

On parle de résistance à l’insuline lorsque le taux d’insuline est élevé et que la réactivité de l’organisme à l’insuline est réduite. La cause la plus fréquente est la suralimentation en glucides facilement digestibles. Le pancréas produit de plus en plus d’insuline pour que le taux de sucre dans le sang finisse par baisser. Néanmoins, elle reste trop élevée en raison de la formation d’une résistance à l’insuline. Il en résulte un diabète sucré de type 2 et un pancréas épuisé.

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Chaque kilo en moins augmente l’espérance de vie

Le surpoids n’est pas seulement un grave danger pour la santé, mais peut également se traduire par une diminution de l’espérance de vie, en plus des diverses restrictions de santé. Le risque de mortalité est déjà 1,3 fois plus élevé avec un IMC modérément élevé (= 27) qu’avec un poids normal. Pour un IMC de 35, il est même multiplié par 2,5. Toutefois, ce risque peut être contré en perdant du poids.

Les causes de l’obésité

L’obésité se manifeste lorsque vous dépensez moins de calories que vous n’en consommez. Par le passé, un grand nombre de personnes pensaient que l’obésité était tout simplement due à un manque de volonté et de maîtrise de soi qui engendraient une alimentation excessive et une activité physique insuffisante. Bien que ces agissements constituent des facteurs contributifs importants, les médecins admettent que l’obésité est un problème médical complexe qui relève de facteurs génétiques, environnementaux, comportementaux et sociaux. Tous ces facteurs jouent un rôle déterminant qui influe sur le poids d’une personne.

Des travaux de recherche récents montrent que parfois certains facteurs génétiques peuvent provoquer des changements de l’appétit et du métabolisme des graisses qui mènent à l’obésité. Le risque d’obésité est élevé pour une personne génétiquement prédisposée à prendre du poids (par ex. en raison d’un métabolisme plus lent) et menant un mode de vie sédentaire et malsain.

Bien que la prédisposition génétique d’une personne puisse contribuer à l’obésité, elle n’en est pas la cause primordiale. Divers facteurs environnementaux et comportementaux exercent une plus grande influence; une consommation de calories excédentaires provenant d’aliments à forte teneur lipidique et peu ou pas d’activité physique quotidienne mèneront éventuellement à un gain de poids. Divers facteurs psychologiques peuvent également favoriser l’obésité. Un sentiment de dévalorisation, de culpabilité, un stress émotionnel, ou un traumatisme, peuvent déclencher un mécanisme de défense comme la suralimentation.

Certains troubles de santé, comme la frénésie alimentaire, la maladie de Cushing et le syndrome des ovaires polykystiques, peuvent également mener à un gain de poids et à l’obésité. La frénésie alimentaire est un trouble de l’alimentation où la personne a des épisodes de consommation excessive de nourriture à répétition. Durant ces épisodes, elle mange rapidement une grande quantité de nourriture et a l’impression de ne pas pouvoir maîtriser cette consommation excessive.

Les causes de l’obésité peuvent varier d’une personne à une autre. Cependant, les experts ont réussi à fixer une liste de facteurs pouvant entraîner à court, moyen ou long terme, l’obésité :

  • La consommation excessive d’aliments caloriques
  • La prédisposition génétique
  • L’absence de pratique sportive
  • La situation économique, sociale ou familiale (le stress peut être considéré dans certains cas comme facteur déclencheur de l’obésité)
  • Le marketing alimentaire (de nos jours, les campagnes publicitaires sont généralement axées sur les produits alimentaires qui sont, majoritairement, nuisibles pour la santé, selon les experts).

Les risques liés à l’obésité

Cancer

L’obésité augmente-t-elle le risque de cancer ?

L’obésité est associé à un risque accru de certains cancers :

  • de l’utérus, des ovaires et du sein (après la ménopause) chez la femme,
  • de la prostate chez l’homme,
  • du colon et de la vésicule biliaire pour les deux sexes.

Qu’il y ait, ou non obésité, il est recommandé de pratiquer régulièrement des tests de dépistage pour les cancers de la femme (sein, utérus), de la prostate pour l’homme, et du colon chez tout le monde.

Troubles des règles

Les troubles des règles sont plus fréquents en cas d’obésité. Le syndrome des ovaires polykystiques est plus fréquent chez des femmes présentant une obésité abdominale. La perte de quelques kilos en cas d’obésité peut aider à retrouver des cycles normaux.

Risque anesthésique

Si vous devez subir une intervention chirurgicale, vous allez faire un bilan de votre état de santé avec l’anesthésiste. Il est particulièrement important de faire le point sur le plan respiratoire et cardiovasculaire. La prévention des phlébites post opératoire est très importante.

Vésicule biliaire

Les calculs de la vésicule biliaire (lithiase biliaire) sont plus fréquents en cas d’obésité.

Heureusement, seulement 20% des calculs vésiculaires entraînent des complications et la plupart d’entre eux sont sans signes cliniques (on les détecte souvent par hasard lors d’une échographie).

Des médicaments peuvent être indiqués pour traiter ces calculs. Il ne faut opérer que les calculs qui risquent d’entraîner des complications (coliques hépatiques ou infections de la vésicule).

Douleurs d’estomac

L’obésité entraîne un reflux gastro-oesophagien qui se traduit par des brûlures de l’estomac et du bas œsophage. Cette complication se traite actuellement facilement par des médicaments contre l’acidité gastrique.

Maux de tête

Avant d’attribuer des maux de tête à l’obésité, il faut rechercher d’autres causes : migraines, sinusites, troubles visuels, hypertension artérielle.

Dans certains cas d’obésité importante ou de prises de poids rapides des maux de tête peuvent apparaître par augmentation de la pression dans le liquide céphalo-rachidien.

Incontinence urinaire

L’obésité aggrave l’incontinence urinaire, en particulier l’incontinence à l’effort, en augmentant la pression au niveau du ventre.

Il existe des moyens pour supprimer ou limiter l’incontinence urinaire et ses conséquences.

Fatigue

La fatigue est un symptôme qui a des causes très variées.

Les personnes obèses ou en surpoids n’échappent pas aux causes de fatigue commune : maladies, médicaments, travail, manque de sommeil etc. Un certain nombre de maladies associées à l’obésité peuvent être source de fatigue. C’est le cas du diabète, de l’hypertension artérielle, du syndrome d’apnées du sommeil, de l’insuffisance thyroïdienne. N’oublions pas enfin les effets de la dépression et ceux des régimes trop sévères.

Transpiration

Beaucoup de personnes obèses se plaignent d’un excès de transpiration. Effectivement, l’obésité peut être à l’origine d’une transpiration abondante. La perte de quelques kilos peut avoir des effets bénéfiques importants.

Si l’excès de poids est généralement responsable au moins en partie de l’excès de transpiration, il faut aussi penser à d’autres causes (syndrome d’apnée du sommeil, effets de certains médicaments, gène respiratoire, ménopause).

Cœur

Comme l’hypertension, le diabète, l’excès de cholestérol, l’obésité expose aux problèmes cardio-vasculaires. L’obésité abdominale et la sédentarité sont des facteurs aggravants.

La perte de poids, même limitée, améliore la condition cardiaque de même que la pratique régulière d’une activité physique.

Le traitement de l’hypertension artérielle, de l’excès de graisses dans le sang, du diabète et du syndrome d’apnée du sommeil sont des mesures importantes pour prévenir les complications cardiaques. Sans oublier l’arrêt du tabac !

Symptômes et complications

Parmi les risques pour la santé que l’on associe à l’obésité, on retrouve :

  • les troubles de la respiration (par ex. les apnées du sommeil, une maladie pulmonaire obstructive chronique);
  • certains types de cancers (par ex. le cancer de la prostate et de l’intestin pour les hommes, le cancer du sein et de l’utérus pour les femmes);
  • une affection des artères coronaires (du cœur);
  • la dépression;
  • le diabète;
  • une affection de la vésicule biliaire ou du foie;
  • le reflux gastro-œsophagien (RGO);
  • une élévation de la pression artérielle;
  • un taux de cholestérol élevé;
  • une affection articulaire (par ex. l’arthrose);
  • l’accident vasculaire cérébral.

Les personnes qui sont obèses peuvent présenter les symptômes des troubles médicaux précités. Parmi les plus fréquents on retrouve une pression artérielle élevée, un taux de cholestérol élevé, des problèmes respiratoires et des douleurs articulaires (dans les genoux ou le bas du dos). Plus une personne est obèse, plus elle risque d’avoir des problèmes médicaux liés à l’obésité.

Outre les complications médicales, l’obésité est aussi liée à des problèmes psychosociaux comme une faible estime de soi, la discrimination, les difficultés à trouver un emploi et une qualité de vie amoindrie.

Les traitements et prévention contre l’obésité

L’obésité représente des risques considérables pour la santé.

En effet, cette maladie augmente, chez les adultes, les risques des maladies cardiovasculaires, réduit l’espérance de vie, et peut causer dans de nombreux cas le diabète, l’hypertension artérielle, le cancer du côlon et le cancer du sein.

Chez les enfants, l’obésité et même la surcharge pondérale, peuvent augmenter le risque de souffrir de problèmes respiratoires, d’apparition du diabète à l’âge adulte, des fractures, en plus du développement d’une résistance à l’insuline.

Sur les plans social et psychologique, l’obésité est un facteur déclencheur dans certains cas de dépression chez l’enfant et l’adulte.

C’est la raison pour laquelle, le traitement de l’obésité est une obligation et non une option.

Pour lutter contre cette maladie, il est recommandé de :

  • Perdre du poids grâce à une alimentation saine et équilibrée conjuguée à une pratique sportive régulière. Cette étape peut être entamée avec l’aide d’un spécialiste en nutrition.
  • Avoir un suivi psychologique pour éviter tous risques de dépression
  • Dans certains cas, les chirurgies esthétiques deviennent une étape essentielle pour lutter contre l’obésité.

Cependant, il est impératif de savoir, tout d’abord, si on souffre d’obésité.

Pour réussir à perdre du poids et à maintenir un poids santé, il faut modifier pour toujours ses habitudes alimentaires et de sédentarité et apprendre à reconnaître les états émotionnels qui influent sur la conduite alimentaire et déclenchent une suralimentation. Il faut aussi établir des objectifs spécifiques et réalistes, et les atteindre. Les personnes qui sont médicalement obèses devraient consulter un médecin ou un diététiste en vue d’élaborer un programme de perte de poids sans danger et personnalisé. Une thérapie ou une modification du comportement peut s’avérer utile. La consultation d’un thérapeute ou d’un conseiller pourrait vous aider à comprendre les raisons émotionnelles et psychologiques de votre sur-alimentation et apprendre plusieurs façons de prendre en charge vos déclencheurs.

Intervention médicale

Les médicaments peuvent faire partie des éléments d’un programme de gestion du poids. Les médicaments ne sont pas des « remèdes miracles » qui entraînent une perte de poids permanente. Ils s’emploient généralement en association avec un régime alimentaire et un programme d’exercice appropriés. Ils sont réservés aux personnes déclarées obèses (celles ayant un IMC supérieur à 30) ou aux personnes ayant un IMC de 27 et présentant des facteurs de risque supplémentaires de maladie cardiaque comme un taux de cholestérol élevé ou du diabète.

La chirurgie esthétique, une étape nécessaire ?

Dans certains cas d’obésité, la chirurgie esthétique peut représenter une alternative nécessaire :

  • Après un amaigrissement et en période de stabilité pondérale, les spécialistes optent généralement pour une chirurgie esthétique et réparatrice pour enlever les excès de peau et de tissus adipeux sous-cutanés qui peuvent engendrer des problèmes psychologiques, esthétiques ou mécaniques.
  • Quand certains amas graisseux persistent après une période d’amaigrissement, la liposuccion est conseillée. Elle consiste à aspirer le tissu graisseux par une canule.

L’obésité est une maladie qui touche un nombre croissant de personnes à travers le monde et qui peut, causer d’importants problèmes de santé. Si vous avez un surpoids ou vous souffrez d’obésité, consultez votre médecin qui sera votre meilleur allié dans votre démarche d’amaigrissement.

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