Quel goûter pour un diabétique de type 2 sans déséquilibrer sa glycémie ?

La gestion du diabète de type 2 passe inévitablement par une surveillance rigoureuse de l’alimentation, particulièrement lors des collations qui peuvent considérablement impacter la glycémie. Contrairement aux idées reçues, prendre un goûter peut s’avérer bénéfique pour stabiliser le taux de glucose sanguin, à condition de faire les bons choix alimentaires. L’objectif principal consiste à éviter les pics glycémiques tout en maintenant un apport énergétique suffisant entre les repas principaux.

Les personnes diabétiques de type 2 doivent particulièrement porter attention à la composition de leurs collations, car leur organisme présente une résistance à l’insuline qui complique la régulation naturelle du glucose. Une collation mal choisie peut provoquer une hyperglycémie prolongée, tandis qu’une sélection judicieuse contribue à maintenir l’équilibre métabolique tout au long de la journée.

Index glycémique et charge glycémique des aliments de collation pour diabétiques de type 2

La compréhension de l’index glycémique constitue un fondement essentiel dans le choix des aliments appropriés pour une collation diabétique. Cette mesure scientifique évalue la rapidité avec laquelle un aliment fait augmenter la glycémie par rapport à une référence standardisée. Pour les personnes atteintes de diabète de type 2, privilégier les aliments à index glycémique bas permet de maintenir une glycémie stable et d’éviter les fluctuations brutales.

La charge glycémique complète cette approche en tenant compte non seulement de la vitesse d’absorption des glucides, mais également de leur quantité réelle dans une portion donnée. Cette notion s’avère particulièrement pertinente car certains aliments peuvent présenter un index glycémique élevé mais une charge glycémique modérée en raison de leur faible teneur en glucides par portion standard.

Classification des aliments selon l’échelle de jenkins et wolever

L’échelle développée par Jenkins et Wolever classe les aliments en trois catégories distinctes selon leur impact glycémique. Les aliments à index glycémique bas (inférieur à 55) incluent la plupart des légumineuses, les noix, les graines et certains fruits comme les pommes ou les poires. Cette catégorie représente le choix optimal pour les collations diabétiques car elle permet une libération progressive du glucose dans le sang.

La catégorie intermédiaire (index entre 56 et 69) comprend des aliments comme la banane mûre, le pain complet ou certaines céréales. Ces produits nécessitent une consommation modérée et s’associent avantageusement avec des protéines ou des lipides pour réduire leur impact glycémique. Les aliments à index élevé (supérieur à 70) tels que le pain blanc, les pommes de terre ou les sucreries industrielles doivent être évités lors des collations.

Impact de la charge glycémique sur la réponse insulinique postprandiale

La charge glycémique influence directement la sécrétion d’insuline après la prise alimentaire. Chez les diabétiques de type 2, cette réponse insulinique est déjà altérée, rendant crucial le contrôle de la charge glycémique des collations. Une charge glycémique élevée peut saturer les mécanismes compensatoires et provoquer une hyperglycémie persistante.

Les recherches démontrent qu’une charge glycémique inférieure à 10 par collation permet de maintenir la glycémie dans des valeurs acceptables. Cette limitation implique de privilégier des portions contrôlées d’al

iments glucidiques, associés à des fibres, de protéines et/ou de bonnes graisses. En pratique, cela revient à choisir des encas à faible densité glucidique, comme une petite poignée d’oléagineux, un laitage nature ou une portion de fruits peu sucrés, plutôt qu’un biscuit, un jus ou une tranche de pain blanc consommés seuls.

Méthode de calcul de l’équivalent glucidique pour portions de 15g

Pour un diabétique de type 2, raisonner en « portions de 15 g de glucides » permet de standardiser les collations et de mieux anticiper l’impact sur la glycémie. Une portion de 15 g de glucides correspond, par exemple, à une petite pomme (environ 100 g), une tranche de pain (20 à 25 g) ou 125 ml de lait. Cette unité est largement utilisée par les diététiciens pour adapter les collations au traitement, notamment en cas de sulfamides hypoglycémiants.

Comment faire concrètement ? Il suffit de lire l’étiquette nutritionnelle : repérez la ligne « glucides dont sucres » pour 100 g, puis ajustez à la quantité réellement consommée. Par exemple, si un yaourt affiche 10 g de glucides pour 100 g et que le pot pèse 125 g, il apporte environ 12,5 g de glucides, soit presque une portion de 15 g. Avec un peu d’habitude, vous retiendrez des repères pratiques qui évitent de sortir la calculatrice à chaque goûter.

En l’absence d’étiquette (fruit, pain de boulangerie), on se base sur des estimations couramment utilisées en éducation thérapeutique. Ainsi, ½ banane moyenne, 3 à 4 biscuits secs ou 150 ml de jus de fruit tournent autour de 15 g de glucides. L’objectif, au goûter, est rarement de dépasser 1 portion de 15 g, surtout si votre glycémie a tendance à être élevée en fin d’après-midi.

Comparaison pomme vs banane : variations d’IG selon la maturité

La pomme et la banane sont souvent choisies comme fruits de collation, mais leur impact glycémique diffère sensiblement, surtout en fonction de leur maturité. La pomme présente un index glycémique bas (environ 35 à 40) et une charge glycémique modérée, grâce à sa richesse en fibres et à sa teneur glucidique plus modérée. Elle constitue donc un bon choix de goûter pour diabétique de type 2, notamment si elle est consommée entière, avec la peau.

La banane, quant à elle, a un index glycémique plus variable : lorsqu’elle est encore légèrement verte, son IG reste modéré (autour de 45 à 50) grâce à un contenu plus élevé en amidon résistant. En revanche, une banane très mûre, bien tachetée, voit son IG grimper vers 60 voire plus, car l’amidon s’est transformé en sucres simples plus rapidement absorbés. Autrement dit, à maturité avancée, la même banane fera monter votre glycémie plus vite et plus haut.

Pour un goûter compatible avec une glycémie stable, il est donc préférable de privilégier une pomme entière ou, si vous aimez la banane, de choisir une banane peu mûre et d’en consommer seulement une demi-portion, associée à des protéines (yaourt nature, poignée de noix). Cette association ralentit la vidange gastrique et limite le pic glycémique, tout en apportant une bonne satiété.

Stratégies nutritionnelles d’association alimentaire pour stabiliser la glycémie

Au-delà du simple choix de l’aliment, la façon de combiner les différents groupes alimentaires au goûter joue un rôle clé dans la gestion du diabète de type 2. En associant intelligemment glucides, protéines, fibres et bonnes graisses, vous pouvez « lisser » la courbe glycémique et réduire autant les hyperglycémies que les fringales. Ces stratégies d’association alimentaire sont particulièrement utiles si vos repas sont espacés de plus de 4 heures ou si vous pratiquez une activité physique en fin de journée.

On peut comparer cela à un « feu tricolore » métabolique : les glucides représentent la voiture qui veut entrer dans le trafic sanguin, les fibres jouent le rôle des ralentisseurs, tandis que les protéines et les graisses de qualité fonctionnent comme des feux qui régulent le flux. Bien dosées, ces associations permettent de garder un trafic glycémique fluide et prévisible, au lieu de pics et de creux difficiles à gérer.

Technique du pairing protéines-fibres avec noix d’amande et fromage blanc

La technique du pairing protéines-fibres consiste à associer, au sein de la même collation, une source de glucides complexes ou de fruits avec des protéines et des fibres. Un exemple concret et facile à mettre en place est le duo « fromage blanc nature + amandes ». Le fromage blanc apporte des protéines de haute valeur biologique, peu de glucides (s’il est nature), et une bonne satiété. Les amandes, riches en fibres et en acides gras insaturés, ralentissent l’absorption des glucides présents éventuellement dans le fruit ou le pain consommé en même temps.

Par exemple, un goûter adapté pour diabétique de type 2 pourrait se composer de 100 g de fromage blanc à 0 à 3 % de MG, accompagné d’une dizaine d’amandes et d’une demi-pomme. On reste ainsi autour de 15 g de glucides, mais la présence de protéines et de fibres permet une montée plus progressive de la glycémie. Cette stratégie est particulièrement intéressante si vous êtes traité par sulfamides hypoglycémiants, car elle limite les variations brutales.

Vous pouvez décliner ce pairing avec d’autres combinaisons : yaourt grec nature et noix, skyr et graines de lin moulues, faisselle et noisettes, ou encore fromage frais et bâtonnets de crudités. L’idée centrale reste la même : ne jamais consommer un aliment glucidique isolé, mais toujours l’« encadrer » par des protéines et des fibres pour sécuriser votre goûter.

Utilisation des acides gras monoinsaturés d’avocat pour ralentir l’absorption

L’avocat est une source intéressante d’acides gras monoinsaturés, comparables à ceux de l’huile d’olive, connus pour leurs effets favorables sur le profil lipidique et la sensibilité à l’insuline. Intégré dans une collation, il apporte très peu de glucides mais beaucoup de graisses de bonne qualité, ce qui ralentit la vidange gastrique et donc l’absorption des sucres issus du reste du goûter. Pour un diabétique de type 2, l’avocat peut donc jouer le rôle d’« amortisseur glycémique ».

Concrètement, vous pouvez tartiner un quart à un demi-avocat sur une petite tranche de pain au levain ou aux céréales complètes, en ajoutant éventuellement quelques graines (sésame, chia) pour augmenter la teneur en fibres. Cette association fournit une collation rassasiante, avec une charge glycémique maîtrisée, bien plus intéressante qu’un pain blanc-beurre-confiture. Elle convient aussi particulièrement aux personnes qui doivent surveiller leur cholestérol ou leurs triglycérides.

Si vous n’êtes pas amateur d’avocat en tartine, intégrez-le en petites dés dans une salade de crudités (tomate, concombre) ou en guacamole maison peu salé, accompagné de bâtonnets de carottes ou de demi-pain pita complet. Vous profitez ainsi des graisses monoinsaturées pour lisser la réponse glycémique, sans alourdir de manière excessive votre apport énergétique quotidien.

Timing optimal entre collation et mesure glycémique capillaire

Le moment où vous prenez votre collation influence également la façon dont vous interprétez vos glycémies capillaires (au bout du doigt). En général, la glycémie postprandiale (après le repas ou la collation) se mesure entre 1 h 30 et 2 h après l’ingestion, moment où le pic glycémique est le plus souvent observé. Pour un diabétique de type 2, il est pertinent de vérifier ponctuellement sa glycémie dans cette fenêtre afin de voir comment un type de goûter particulier impacte ses chiffres.

Si vous prenez une collation vers 16 h, par exemple, et que votre dîner est prévu à 19 h, une mesure glycémique autour de 17 h 30 permet de vérifier que le goûter n’a pas provoqué une hyperglycémie excessive. À l’inverse, si votre traitement vous expose aux hypoglycémies (insuline rapide, sulfamides), contrôler la glycémie juste avant la collation peut aider à ajuster la quantité de glucides (plus proche de 15 g si vous êtes un peu bas, plutôt 5 à 10 g si vous êtes déjà dans la norme haute).

Il n’est pas nécessaire de se piquer systématiquement après chaque collation, mais réaliser quelques profils glycémiques sur plusieurs jours permet de repérer les schémas récurrents : un certain type de biscuit qui fait systématiquement monter trop haut, un fruit consommé seul qui déclenche un pic, ou au contraire une association protéine-fibres qui se révèle particulièrement stable pour vous. Ce retour d’information personnalisé est précieux pour adapter durablement vos habitudes de goûter.

Protocole de portion contrôlée selon la méthode de la main diabétique

La « méthode de la main diabétique » est un outil simple, sans balance ni mesure, pour contrôler les portions au goûter. Elle se base sur la taille de votre propre main, ce qui la rend automatiquement adaptée à votre morphologie. Par exemple, une portion de fruits frais correspond en général à la taille de votre poing fermé, tandis qu’une portion de noix ou d’amandes équivaut à une petite poignée creusée dans votre paume.

Concrètement, pour une collation compatible avec le diabète de type 2, vous pouvez vous référer aux repères suivants : un poing de fruit (pomme, poire, petite orange), une paume rase de laitage (pot de yaourt de 125 g) et un creux de main d’oléagineux (8 à 12 amandes selon leur taille). En respectant ces volumes, vous limitez mécaniquement l’apport glucidique autour de 15 g et l’apport énergétique global du goûter.

Cette méthode est particulièrement utile en situation réelle : au travail, en déplacement, chez des amis, vous n’avez pas toujours les étiquettes ou une balance de cuisine. Utiliser votre main comme « gabarit » vous évite les portions débordantes qui, répétées chaque jour, finissent par déséquilibrer la glycémie et favoriser une prise de poids. C’est un réflexe simple, mais très efficace pour garder le contrôle de vos collations.

Alternatives aux collations traditionnelles adaptées au profil métabolique DT2

Les collations classiques (biscuits, barres chocolatées, jus de fruits, viennoiseries) ne sont pas adaptées à la plupart des personnes atteintes de diabète de type 2, en raison de leur forte densité en sucres rapides et graisses saturées. Heureusement, il existe de nombreuses alternatives, plus rassasiantes et à faible impact glycémique, qui répondent mieux aux besoins métaboliques spécifiques du DT2. L’objectif est de concilier plaisir, praticité et stabilité de la glycémie.

Ces alternatives reposent souvent sur des aliments riches en fibres, en protéines et en acides gras insaturés, avec une charge glycémique modérée. Elles peuvent surprendre, car elles sortent des codes traditionnels du « goûter sucré », mais elles s’intègrent très bien dans une alimentation moderne et variée. Pourquoi ne pas transformer le goûter en une mini-collation « santé » plutôt qu’en un moment de sucre rapide ?

Graines de chia et psyllium : impact sur la courbe glycémique

Les graines de chia et le psyllium sont particulièrement riches en fibres solubles, capables de former un gel visqueux au contact de l’eau dans le tube digestif. Ce gel ralentit la vidange gastrique et l’absorption des glucides, ce qui a pour effet de réduire le pic glycémique postprandial. Chez les diabétiques de type 2, plusieurs études ont montré que l’ajout de fibres solubles à l’alimentation peut améliorer le contrôle glycémique et la sensation de satiété.

Au goûter, vous pouvez, par exemple, préparer un « pudding de chia » en mélangeant 1 à 2 cuillères à soupe de graines de chia dans 100 à 150 ml de lait ou boisson végétale sans sucre ajouté, puis en laissant épaissir au frais. Accompagné de quelques morceaux de fruits peu sucrés (fruits rouges, kiwi) et éventuellement d’un édulcorant si besoin, ce type de collation présente une charge glycémique très modérée mais un fort pouvoir rassasiant.

Le psyllium, lui, peut être ajouté en petite quantité (1 cuillère à café) dans un yaourt nature ou un fromage blanc, en veillant à bien s’hydrater dans la journée. Il est important de l’introduire progressivement pour éviter les inconforts digestifs. Dans tous les cas, ces fibres doivent être envisagées comme des compléments à une collation équilibrée, et non comme des substituts à un suivi médical ou à un traitement adapté.

Légumineuses en collation : lentilles corail et pois chiches grillés

Les légumineuses, comme les pois chiches ou les lentilles corail, sont souvent associées aux repas principaux, mais elles peuvent aussi constituer d’excellents encas pour diabétiques de type 2. Riches en glucides complexes, en fibres et en protéines végétales, elles affichent un index glycémique bas à modéré et une charge glycémique intéressante si les portions restent raisonnables. De plus, elles contribuent à la santé cardiovasculaire, ce qui est un enjeu majeur pour les personnes diabétiques.

Une idée pratique consiste à préparer des pois chiches grillés au four : égouttés, rincés, légèrement enrobés d’huile d’olive et d’épices (paprika, cumin), puis cuits jusqu’à ce qu’ils deviennent croquants. Une portion d’environ 30 à 40 g apporte une dizaine de grammes de glucides, beaucoup de fibres et de protéines, pour un impact très modéré sur la glycémie. C’est une alternative bien plus intéressante que les chips ou biscuits apéritifs.

Les lentilles corail peuvent, quant à elles, être transformées en petites galettes ou en tartinade (type houmous de lentilles) à consommer sur un demi-pain pita complet ou avec des crudités. Vous obtenez ainsi une collation salée, nourrissante, qui change du sucré tout en respectant les principes de base : faible index glycémique, apport de fibres et de protéines, et bonne densité nutritionnelle.

Fromages à pâte dure : comté et parmesan comme source protéique

Les fromages à pâte dure comme le comté ou le parmesan sont pauvres en glucides et riches en protéines et en calcium. Ils peuvent donc jouer un rôle intéressant au sein d’un goûter pour diabétique de type 2, à condition de maîtriser la portion en raison de leur teneur en graisses saturées et en sel. En pratique, une portion de 20 à 30 g, soit l’équivalent de deux petits dés ou d’une fine tranche, est suffisante pour apporter satiété et protéines.

Associé à quelques bâtonnets de légumes (carotte, concombre, céleri) ou à une petite tranche de pain aux céréales, le comté transforme le goûter en mini-repas équilibré, avec un impact quasi nul sur la charge glycémique. De même, quelques copeaux de parmesan sur une salade de roquette et de tomates cerises, en collation salée, constituent une alternative intéressante à un en-cas sucré classique.

Bien entendu, si vous présentez déjà des complications cardiovasculaires ou un cholestérol élevé, il convient de rester vigilant et de discuter de la place du fromage dans vos collations avec votre diététicien(ne). Néanmoins, dans le cadre d’un apport quotidien global maîtrisé, ces fromages à pâte dure restent des options pertinentes pour enrichir vos goûters en protéines sans faire grimper votre glycémie.

Oléagineux non salés : portions calibrées de noix de macadamia

Les oléagineux (noix, amandes, noisettes, noix de macadamia, etc.) sont des encas précieux pour les diabétiques de type 2 : leur teneur en glucides est faible, tandis qu’ils apportent fibres, protéines et surtout des acides gras insaturés favorables à la santé cardiovasculaire. Les noix de macadamia, en particulier, sont riches en graisses monoinsaturées et très rassasiantes, ce qui en fait un choix intéressant pour un goûter rapide sans déséquilibrer la glycémie.

La clé, cependant, réside dans la portion : en raison de leur densité calorique élevée, il est recommandé de se limiter à une petite poignée, soit environ 20 à 25 g (6 à 8 noix de macadamia selon leur taille). Consommées seules ou avec une petite portion de fruit à IG bas (quelques quartiers de pomme ou de poire), elles fournissent un encas pratique à emporter, qui cale la faim et stabilise la glycémie sans provoquer de pic.

Privilégiez les versions nature, non salées et non caramélisées, pour éviter l’excès de sodium et de sucres ajoutés. Vous pouvez également composer un mélange maison d’oléagineux (amandes, noix, noisettes, macadamia) à garder dans un petit sachet ou une boîte au bureau ou dans votre sac. Cette stratégie vous évite de vous tourner vers des biscuits ou barres chocolatées lorsque la faim se fait sentir en fin d’après-midi.

Surveillance glycémique et ajustements thérapeutiques post-collation

La gestion du goûter chez un diabétique de type 2 ne se résume pas au choix des aliments : elle s’inscrit aussi dans un cadre plus large de surveillance glycémique et d’ajustement thérapeutique éventuel. Les collations peuvent modifier votre profil glycémique de l’après-midi et du soir, notamment si vous prenez des médicaments hypoglycémiants (sulfamides, glinides) ou de l’insuline. D’où l’importance de comprendre comment vos encas interagissent avec votre traitement.

Si vous observez régulièrement des glycémies élevées en fin d’après-midi ou avant le dîner, il peut être utile de noter, pendant quelques jours, le type et la quantité de vos collations, ainsi que les valeurs de glycémie capillaire correspondantes. Ce « carnet de bord » partagé avec votre médecin ou votre diététicien(ne) permettra de repérer les collations problématiques (trop sucrées, trop rapprochées du repas, portions excessives) et d’ajuster soit la composition du goûter, soit les doses médicamenteuses si nécessaire.

À l’inverse, si vous êtes sujet à des hypoglycémies tardives (en soirée ou la nuit), notamment sous sulfamides ou insuline basale, l’introduction d’une petite collation ciblée le soir (contenant environ 15 g de glucides associés à des protéines) peut être recommandée. Comme toujours avec le diabète, ces ajustements doivent se faire en concertation avec l’équipe soignante, en tenant compte de votre profil métabolique, de votre poids, de votre activité physique et de vos objectifs glycémiques.

Erreurs fréquentes dans le choix des collations diabétiques

De nombreuses erreurs reviennent souvent chez les personnes atteintes de diabète de type 2 lorsqu’il s’agit de choisir un goûter. La première consiste à grignoter sans faim réelle, par ennui, stress ou habitude, ce qui multiplie les prises alimentaires et complique le contrôle glycémique. La seconde erreur est de choisir des collations constituées uniquement de glucides rapides : jus de fruits, biscuits, barres céréalières sucrées, pain blanc, fruits secs, etc.

Une autre erreur fréquente est de surestimer l’intérêt des produits « sans sucre » ou « spécial diabétique ». Beaucoup de ces produits contiennent en réalité des farines raffinées, des graisses de mauvaise qualité ou des alcools de sucre qui, s’ils ne font pas toujours grimper immédiatement la glycémie, apportent des calories et peuvent provoquer des troubles digestifs. Ils entretiennent par ailleurs le goût du sucré, rendant plus difficile la rééducation des habitudes alimentaires.

Enfin, beaucoup de personnes confondent collation structurée et grignotage permanent. Une collation adaptée doit être planifiée, portionnée et intégrée dans votre plan alimentaire global, sans augmenter l’apport énergétique total de la journée. L’idéal est de « prélever » la collation sur l’un des repas (par exemple, garder votre fruit du midi pour le goûter), plutôt que d’ajouter systématiquement un encas supplémentaire sans ajustement.

Recettes de collations maison conformes aux recommandations HAS 2023

Préparer soi-même ses collations permet de maîtriser la qualité des ingrédients, les portions et la charge glycémique, en accord avec les recommandations actuelles de la HAS pour le diabète de type 2. Voici quelques idées simples, adaptées au goûter, que vous pouvez intégrer facilement à votre quotidien. Elles reposent toutes sur le même principe : un apport modéré en glucides (autour de 15 g), associé à des fibres, des protéines et/ou des graisses de bonne qualité.

1. Pudding de chia au lait écrémé et fruits rougesDans un bol, mélangez 150 ml de lait écrémé ou boisson de soja enrichie sans sucre avec 1,5 cuillère à soupe de graines de chia. Laissez épaissir au réfrigérateur pendant au moins 2 heures. Ajoutez ensuite 40 à 50 g de fruits rouges frais ou surgelés (framboises, myrtilles) et, si besoin, un édulcorant. Vous obtenez une collation riche en fibres solubles, avec une charge glycémique faible et une excellente satiété.

2. Pois chiches grillés aux épicesÉgouttez une petite boîte de pois chiches, rincez-les puis séchez-les dans un torchon propre. Mélangez avec 1 cuillère à café d’huile d’olive, du paprika, du cumin et un peu de sel. Étalez sur une plaque et faites griller au four à 190 °C pendant 25 à 30 minutes en remuant à mi-cuisson. Une portion de 30 g (environ une petite poignée) constitue un en-cas croquant, riche en protéines végétales et en fibres, compatible avec un goûter diabétique.

3. Fromage blanc, son d’avoine et éclats de noixMélangez 100 g de fromage blanc à 0 ou 3 % de MG avec 1 cuillère à soupe de son d’avoine et 3 à 4 cerneaux de noix concassés. Cette collation apporte des protéines, des fibres et des acides gras oméga-3, avec environ 10 à 12 g de glucides seulement. Elle convient bien aux personnes qui ont régulièrement faim en fin d’après-midi et souhaitent éviter de se jeter sur le pain ou les biscuits au moment du dîner.

4. Tartine de pain aux céréales, avocat et œuf durFaites griller une petite tranche (20 à 25 g) de pain aux céréales ou au levain. Écrasez dessus un quart d’avocat avec un peu de jus de citron, puis ajoutez deux rondelles d’œuf dur. Cette tartine salée offre un équilibre idéal entre glucides complexes, protéines et graisses monoinsaturées. Elle est particulièrement adaptée si vous avez une activité physique en fin de journée ou si votre déjeuner a été léger.

5. Bâtonnets de légumes et houmous légerPréparez un houmous allégé en mixant 100 g de pois chiches cuits, 1 cuillère à café de tahini, 1 cuillère à café d’huile d’olive, du jus de citron, de l’ail et des épices. Servez 2 cuillères à soupe de houmous (environ 30 g) avec un grand verre de bâtonnets de carottes, concombre et poivron. Vous obtenez une collation très pauvre en glucides, mais riche en fibres et en protéines, idéale si votre glycémie est déjà un peu élevée avant le goûter.

En variant ces recettes de collations maison et en restant attentif à vos sensations de faim et de satiété, vous pouvez transformer le goûter en un véritable allié de votre équilibre glycémique, plutôt qu’en source de déséquilibre. En cas de doute, n’hésitez pas à faire le point avec votre médecin ou votre diététicien(ne) pour ajuster au mieux la fréquence, la composition et la taille de vos encas à votre profil de diabétique de type 2.

Plan du site